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Ayo

Il est des destins dignes de conte de fées. Celui d’Ayo, révélée en 2006 avec son premier album Joyful, reste assez unique en son genre. Une mère gitane dont elle récupère le virus du voyage et de la rencontre, et un père originaire du Nigeria, qui, émigré en Allemagne, lui transmet son amour de la musique. Partie à Londres à 19 ans pour goûter la vie d’artiste, puis signée et produite en France quelques années plus tard, la douce Ayo a depuis conquis le cœur du public par sa voix magnétique et chaude. Et l’énorme tube “Down On My Knees”, qui propulsera son Joyful jusqu’à l’exploit : plus de 450 000 disques vendus dans l’Hexagone, plus de 30 semaines dans le Top 20 des meilleures ventes, de multiples concerts dans toute la France, dont 5 Olympia complets, qui donneront lieu à un DVD, Live At The Olympia, certifié platine à son tour. Nommée aux Victoires de la musique en 2007, catégorie « Artiste féminine de l’année », et meilleur clip pour “Down On My Knees”, tout réussit à la jeune femme, qui transmettra sa joie de vivre par-delà les frontières, et sortira Joyful dans 40 pays. Le pouvoir de séduction d’Ayo traversera même l’Atlantique, pour une commercialisation du disque aux Etats-Unis fin 2007, suivie d’une tournée américaine.

C’est aux Bahamas qu’Ayo l’infatigable voyageuse va alors poser ses valises début 2008. La chanteuse va s’enfermer dans les mythiques studios de Compass Point, propriété du fondateur du label Island, Chris Blackwell. Sous les auspices tutélaires des précédents locataires, de Bob Marley aux Rolling Stones en passant par les B 52’s, Ayo enfile les perles de son deuxième disque, travaillant en analogique, à l’ancienne, entourée d’instruments vintage.

Jay Newland, producteur de Norah Jones et de Joyful, est naturellement reconduit derrière les manettes. Ayo, en femme de tête, co-produit désormais officiellement à ses côtés. Epaulée par les claviers généreux du bluesman Lucky Peterson et la guitare de Larry Campbell (déjà à l’œuvre aux côtés de Bob Dylan), Ayo grave ainsi les treize titres qui vont donner corps à son nouvel album, Gravity At Last.

On retrouve sur ce deuxième disque les qualités qui ont fait le succès d’Ayo : une voix feutrée mais puissante, un sens inné de l’épure musicale, et une spontanéité obstinée pour « capturer le moment, attraper l’émotion ». Dans cette logique, et comme son prédécesseur, Gravity At Last a ainsi été enregistré en cinq jours. « Je n’avais pas de raison particulière de tout changer du jour au lendemain : la musique reste ma thérapie, et l’honnêteté ma bannière », précise-t-elle. Les influences n’ont pas bougé non plus, des Wailers à Marvin Gaye, sans oublier Donnie Hattaway, « le premier qui m’a fait pleurer juste en écoutant sa musique ».

Gravity At Last est pourtant plus complexe qu’il n’y paraît. Musicalement, d’abord. Alors que la vague reggae folk n’en finit plus de déferler, Ayo refuse de surfer sur le genre et propose un album plus riche, plus orchestré. « Le disque est plus porté sur la rythmique, tout en gardant la voix et la guitare au premier plan », explique la chanteuse. De la chaleur africaine de “I Am Not Afraid ” au blues millésimé “Maybe”, en passant par l’intense ballade piano voix “Better Days”, jusqu’au gospel de “Thank You”, Ayo a considérablement élargi son spectre musical.

Au niveau des textes, si l’amour reste le thème prédominant de l’album, il est souvent à double sens, la chanteuse excellant toujours dans un registre intime mais à la portée totalement universelle : « Beaucoup de gens se reconnaîtront dans mes textes, car ils ont déjà partagé mon expérience », justifie la chanteuse sérieusement. Les sujets restent pourtant très personnels. . « “Lonely” peut tout à fait être interprétée comme une chanson d’amour, mais c’est avant tout un titre sur mon père, écrit en tournée alors que je l’avais perdu de vue depuis des mois ».

Gravity At Last, n’est pas baptisé ainsi par hasard. « La gravité est d’abord musicale, le son est plus lourd que le précédent. Mais c’est aussi la maturité d’une fille devenue maman. Mon rôle social a évolué : Je ne suis plus l’enfant de mes parents, mais la chef de famille. Beaucoup de choses ont changé dans ma vie, je suis plus mûre, plus adulte, je suis devenue une femme aujourd’hui. Je comprends désormais des choses que je ne comprenais pas auparavant. Devenir parent m’a fait voir mes parents d’une autre façon ». De fait, la famille et ses relations complexes sont au centre de ce nouveau disque. Au quotidien, les contes de fée ne sont pas toujours rose.

Tous ces événements, heureux ou malheureux, tous les concerts, les succès depuis deux ans ont bouleversé durablement la jeune femme, qui s’obstine à garder la tête sur les épaules. Le premier single, “Slow Slow”, qui s’intitule aussi presque paradoxalement “Run Run”, exprime ainsi cette spirale folle du succès où les extrêmes s’attirent souvent, balayant tout sur son passage, et dans laquelle il faut savoir maintenir son propre cap. Des moments douloureux que l’artiste a su sublimer. « Le titre du disque est aussi une délivrance :At Last (enfin), signifie surtout que je suis aujourd’hui plus sereine, plus en paix avec moi-même. Je me sens plus forte désormais, et je laisse le passé derrière moi ».
Elle peut : l’avenir lui appartient.




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