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Lara Fabian

L’amour en héritage… Voilà qui aurait aussi bien pu servir de titre à ce nouvel album tant attendu de Lara Fabian. Car d’amour, il en est évidemment question dans toutes les chansons proposées ici. Mais l’amour, c’est aussi et surtout celui que porte l’interprète à toutes celles qui les ont créées, ces chansons. Un amour infini, respectueux, reconnaissant. Le voilà, l’héritage. Une façon pour Lara de rendre un hommage, sincère et vibrant, à toutes les artistes qui l’ont accompagnée durant son parcours, aussi bien personnel qu’artistique. Toutes les femmes qui lui ont permis d’être ce qu’elle est aujourd’hui, qui lui ont donné l’envie de vivre, d’aimer et de chanter.

Toutes les femmes en moi est donc le titre du nouvel album de Lara Fabian. Un disque qui réunit, sans doute pour la première fois, des artistes aussi différentes que Dalida, Barbara, Edith Piaf, Nana Mouskouri, Diane Dufresne, Nicoletta, Nicole Croisille ou Véronique Sanson. Mais rien à voir avec une quelconque compilation de reprises, ou une collection de tubes au féminin pluriel. Plutôt un disque de révérence, tendre et affectueux, comme une lettre de remerciement, un message d’amour et de gratitude.

« L’idée est née lors d’une conversation avec ma meilleure amie, raconte Lara. Nous parlions de tout ce qui fait qu’un être humain devient ce qu’il est, au-delà de la génétique ou de l’éducation. De toutes ces petites parcelles apportées par ceux qui nous aiment, nous éduquent, nous enrichissent. Je me suis aperçue que le fil rouge de ma vie avait été tissé par des femmes, pas toutes connues, mais toutes des passeuses qui m’ont aidée à me construire. »

Le choix des chansons ne s’est nullement fait au hasard. Chacune des douze mélodies qui émaillent ce disque correspond à un déclic, une étape, une émotion, qui ont ponctué la vie de Lara. De “Mamy Blue”, le premier refrain fredonné à l’âge de dix-huit mois, à “Amoureuse”, qui lui a inspiré sa première composition, en passant par “Soleil, soleil”, souvenir ému du premier spectacle auquel elle a assisté. « C’est le récit d’une partie de mon existence, confie Lara, de ma naissance jusqu’à mon apparition dans le monde musical. Toutes ces femmes m’ont permis de garder espoir, même quand c’était difficile, un peu comme un phare dans l’obscurité. Je voulais raconter l’amour que je leur porte, à quel point elles ont été importantes pour moi. »

Lorsqu’on égrène devant elle le “casting” du disque, Lara s’enflamme, s’émeut, a un mot pour chacune des artistes qui le composent. Véronique Sanson ? « Elle est pour moi un exemple d’écriture. Grâce à elle, j’ai compris qu’à travers la poésie des mots, on pouvait exprimer des sentiments profonds sans être impudique. Devant elle, je me sens comme une enfant… » Maurane ? « C’est une femme d’exception, parce qu’elle est elle-même, sans compromis. A ses côtés, j’ai appris la résilience, à me libérer de plein de choses, à comprendre que ce n’était pas si grave de n’être pas toujours au top. » Dalida ? « Sa vie m’a émue, cette solitude que je lisais dans son regard, et puis surtout cette modernité, tout ce qu’elle a inventé et dont on s’est inspiré par la suite, cette façon d’être toujours impeccable, les belles chevelures, les belles robes, elle faisait rêver. Mais, comme beaucoup de stars, seule là-haut, accrochée dans un ciel obscur… » Barbara, dont elle reprend le magnifique “Gottingen” ? « Un être charismatique, un auteur magistral qui aurait dû recevoir le prix Nobel de la paix pour ses messages de pardon… » Piaf et son “Hymne à l’amour” ?

« La violence comme une malédiction, mais aussi un moyen de survie. Un instinct de vie profondément animal, sans lequel elle serait partie beaucoup plus vite… » Et Céline Dion, bien sûr, « l’absolue première inspiration vocale, dont je suis marquée des mêmes stigmates, des mêmes amours, des mêmes regards vers la musique américaine, et qui m’a appris à tendre vers une forme de perfection. Elle est la championne olympique de la dextérité vocale, de la maîtrise technique. »

Les anecdotes fusent aussi. Des souvenirs inoubliables, comme la fois où Nana Mouskouri l’a fait monter sur scène, petite fille de huit ans engoncée dans une robe de velours brun, avant, bien des années plus tard, de lui demander d’être présente à son concert d’adieu, à Athènes. Cocasses, comme cette erreur de magnéto au cours d’une émission de télé en compagnie de Catherine Lara, qui, loin de se formaliser, a réconforté et rassuré la débutante terrorisée. Ou émouvantes, comme cette brève rencontre avec Françoise Hardy, qui, en quelques mots, a su lui redonner confiance dans une douloureuse période de doute.

Messages personnels, donc, que ces chansons d’amours partagées. Intemporelles et contemporaines à la fois, car Lara a voulu leur offrir un écrin harmonique d’aujourd’hui. Une sorte de gospel urbain, lyrique et sensuel, façonné par les arrangements novateurs de Simon Climie (producteur, entres autres, d’Eric Clapton), et parfois traversé de chœurs d’une quarantaine de voix. « Mes références musicales ont toujours été très soul ou r’n’b, confie Lara. J’ai voulu que la production de cet album reflète cette dualité, à la fois la personnalité en filigrane de toutes ces femmes, et, parallèlement, toute cette musique que j’ai tellement aimée. Mais je ne suis qu’un vecteur, ma voix n’est que l’instrument de mon immense gratitude. »

A chacune des artistes qui l’ont inspirée, Lara Fabian a écrit une lettre, toutes reproduites dans le livret de l’album. Elle a aussi composé la chanson titre inédite, “TLFM” (“Toutes les femmes en moi”), comme un résumé de l’album, une ode à la féminité universelle, qui commence ainsi “Tout est ici bas le fuit d’un ventre rond plein de vie qui va…” Toutes ces femmes en elle, Lara Fabian a réussi à les réunir dans ce disque émouvant, qui connaîtra peut-être une suite anglo-saxonne. Un magnifique hommage à toutes celles qui ont contribué à faire d’elle ce qu’elle est aujourd’hui : une artiste unique.

Toutes les femmes en moi, album disponible le 25 mai 2009

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Lara voit le jour en janvier 1970, à Etterbeek en Belgique, d’un père flamand et d’une mère sicilienne. Inspirés par la chanson thême du film Docteur Jivago, ils la prénomment Lara. Dès l’âge de 5 ans, elle sait déjà ce qu’elle veut : chanter. Accompagnée de son père musicien, jadis guitariste et choriste pour Petula Clark, Lara commence à chanter dans les boîtes de Bruxelles dès l’âge de 14 ans. En quelques années, elle participe à plusieurs concours européens d’où elle sort plusieurs fois victorieuse et c’est à 18 ans qu’elle participe au prestigieux concours Eurovision où elle finit quatrième en interprétant la chanson "Croire". Au même moment, ses premières expériences sur disque font très bonne impression auprès du public : toutes deux sous l’étiquette française Tréma, les chansons, "Croire" et "Je sais" se vendent respectivement à 500 000 et 300 000 exemplaires. Un premier 45t, L’aziza est en pleurs, les précédait un an plus tôt. A la suite de ce succès européen, Lara se rend au Québec afin d’y faire la promotion de "Je sais". Tombée sous le charme du Québec et accompagnée de son ami Rick Allison, elle décide d’aller faire carrière en Amérique avec, pour tout bagage, deux valises et 1000$ en poche. Un premier album intitulé Lara Fabian, qui avait été enregistré en Belgique, est lancé au mois d’août 1991 et, à force de détermination et de persévérance, le public finit par l’adopter, fasciné par son talent et sa fougue. Le succés des chansons "Le jour où tu partiras", "Les murs" et "Qui pense à l’amour", permet à Lara de trouver sa place sur les ondes. Ses talents d’auteur-compositeur sont particulièrement remarqués avec "Je m’arrêterai pas de t’aimer". Résultat : l’album est certifié or en 1993 et platine l’année suivante. Elle se retrouve aussi en nomination au Gala de l’ADISQ et un sondage la désigne comme étant la chanteuse la plus prometteuse au Québec. Cette année-là, Lara enregistre le thême principal de, "La neige et le feu", composé par Vladimir Cosma et Vlyne Buggy, film qui révèle le talent de Vincent Perez dans le rôle principal. Trois ans après la sortie de l’album éponyme, son second, Carpe Diem prouve que la chanteuse a plus que séduit son public québécois. En moins de trois semaines, elle obtient un disque d’or et les trois extraits, "Tu t’en vas", "Si tu m’aimes "et "Leïla", se retrouvent numéro un au Top 50 du palmarès radio. L’année suivante, les ventes de l’album frôlent le triple platine et la tournée de spectacles touche plus de 150 000 personnes. Ce succès sera vite couronné par deux prix Félix de l’ADISQ 1995 pour Interprête Féminine de l’année, décerné par un vote du public, et Spectacle de l’Année. Répondant à l’invitation de Serge Lama, elle se joint à lui sur la scène du Palais des Congrès de Paris en janvier 1996, pour y interpréter la chanson "Je suis malade", que l’on retrouve sur Carpe Diem. Devant la joie manifestée par le public après ce duo, Serge Lama demande à Lara de recommencer la chanson, mais cette fois-ci seule, au plus grand bonheur des spectateurs présents.

Ce contact avec le public français n’est qu’un avant-goût de ce qui attendra Lara moins de deux ans plus tard. Les Studios Walt Disney immortalisent la voix de Lara en 1996 alors qu’elle interprète le personnage d’Esmeralda dans le film Le Bossu de Notre-Dame et une chanson de la bande originale du film. De plus, Disney décide de placer la version française chantée par Lara sur le disque anglais, ce qui est une première, aux côtés de Bette Middler qui y interprète la version anglaise. Elle poursuit l’année en lançant en octobre son troisième album, Pure, qui est certifié platine en moins de deux semaines. Cet album lui mérite, lors du Gala de l’ADISQ 1997, le Félix pour l’Album populaire de l’année, ainsi que deux nominations aux Juno Awards dans les catégories Meilleure Interprête Féminine et Meilleur Album Vendeur-Francophone. La notoriété que lui confère ce succès attire de nouveau l’attention du milieu cinématographique : le producteur du film Daylight, mettant en vedette Sylvester Stallone, lui confie, ainsi qu’à Rick Allison, l’écriture de la version française de la chanson, Tant qu’il y aura de l’amour, interprétée par Donna Summer et Bruce Roberts et réalisée par David Foster. Un retour explosif sur le territoire francophone européen s’avère inévitable alors que la maison de disques française Polydor signe avec Lara un contrat de plusieurs disques. L’album Pure y est lancé en juin 1997 et la carrière de la jeune chanteuse ne cesse depuis de prendre des proportions incroyables : un an plus tard, les ventes de Pure franchissent le cap des 1,5 million d’exemplaires à travers la francophonie et celles des extraits Tout, "Je t’aime "et "Humana" dépassent le million de copies.

Les Français ont l’occasion, en janvier 1998, d’entendre Lara chanter avec duo Johnny Hallyday à la grande soirée des Restos du coeur et ensuite lors d’une tournée qui l’amène, entre autres, à l’Olympia pour deux spectacles à guichet fermé. C’est sur cette même scène qu’on lui décerne, un mois plus tard, le prix de La Révélation de l’Année au grand gala Les Victoires de la Musique. Au même moment, afin de satisfaire la demande pressante du public, Polydor rend Carpe Diem enfin disponible sur le territoire européen. Après un passage remarqué en avril où elle fait salle comble deux soirs au Palais des Sports de Paris, Lara est toujours de plus en plus sollicitée en France : elle est de nouveau invitée à chanter un duo avec Johnny Hallyday lors des concerts qu’il présentera au Stade de France devant 240 000 spectateurs et, à l’automne, Lara démarre une tournée de spectacles en Europe qui rejoindra plus de 100 000 personnes et assurera que le coup de coeur du public s’est véritablement transformé en coup de foudre. L’immense popularité de Lara amène le Musée Grévin de Paris, succédant ainsi à celui de Québec, à lui rendre hommage en créant une statue de cire à son image ; elle devient ainsi la première chanteuse canadienne à faire son entrée dans ce musée. Parallèlement à toutes ses activités européennes, Lara se consacre aussi, à New York et San Francisco, à l’enregistrement de son premier album en anglais pour la maison de disques Sony.. Pour l’écriture et la réalisation de ses chansons, elle se retrouve entourée de son complice de toujours, Rick Allison, de Dave Pickell, ainsi que de Walter Afanasieff qui a auparavant fait équipe avec plusieurs grandes stars de renommée internationale. 1999 accueillera la sortie mondiale de ce premier album anglophone hautement anticipé et, au regard du passé, on peut imaginer que la rencontre de Lara avec un nouveau public passera rapidement de la découverte à la conquête.




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