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Interview de Bruno Solo

NOSTALGIE - Bruno Solo bonjour !

Bruno Solo - Bonjour.

NOSTALGIE - Nous allons vous retrouver dans « 600 kilos d’or pur », un film d’aventure avec des voleurs, des fuyards, des mercenaires … beaucoup de méchants, et des lingots. Quel est le rôle de votre personnage dans cette troupe ?

Bruno Solo - C’est le géologue qui organise le coup, sans qui rien ne peut se faire, mais que ne peut pas faire le coup sans les autres. Tout le monde est dépendant, tributaire. Sauf que mon personnage est peut-être un peu plus cupide, cruel, cynique… Mais il a des excuses, ça a été un homme formidable, totalement désabusé, désillusionné… Et les gens qui ont des idéaux perdus font en général des misanthropes formidables, misanthropes qui font rarement machine arrière. Je suis donc l’évident salaud du film mais si vous creusez un peu vous vous rendez compte que les autres personnages ont un passé trouble, un présent incertain et un futur — on le voit très vite — très compromis !


NOSTALGIE - Rémi est très motivé par sa soif de l’or ! Qu’est-ce qui vous vous a motivé à faire ce film ?

Bruno Solo - La soif de l’or aussi ! La soif du cachet !… Non je plaisante !... C’est le scénario évidemment et l’idée de travailler avec Eric Besnard, parce que c’est quelqu’un que je connais, et dont je connais le travail comme auteur. C’est un auteur qui a tout de même fait « Les convoyeurs », par exemple, « Le dernier protocole », qui a réalisé « Cash », qui avait fait « Le sourire du clown » il y a quelques années … et on se connaissait un petit peu, et j’avais très envie de travailler avec lui. En plus j’étais sur l’idée de produire son prochain film, qu’il avait écrit, on en parlait. Et puis il était persuadé qu’aux environs d’août/septembre 2009, date à laquelle il devait faire son film, je devais aller au théâtre — j’avais effectivement un projet de pièce qui ne s’est pas fait — et quand il l’a appris, il m’a envoyé le scénario, je l’ai lu et le lendemain j’ai dit : « oui ! ». Il y avait deux personnages au début : un gardien et puis le géologue, donc Rémi. Et puis très vite il s’est aperçu qu’il pouvait faire du 2 en 1, donc j’ai gagné en complexité encore puisqu’on a mélangé deux personnages : le gardien, plus cruel, et le géologue, plus ambigu. Ce qui m’a donné l’occasion de jouer un rôle aussi agréable à défendre en tant qu’acteur que celui de Rémi.

NOSTALGIE - Tourner dans la jungle, en Amérique du Sud, des aventures assez incroyables, est-ce que c’était un petit peu des rêves de gosse qui sont devenus réalité à travers le film ?

Bruno Solo - C’est même des rêves d’acteur ! Parce qu’on fait aussi ce métier pour ne pas le faire en bas de chez soi. On espère souvent avoir des scénarios qui vous amènent très loin, très loin de notre quotidien. Et là, moi, petit occidental que je suis, me retrouver dans un milieu a priori hostile, c’était une aventure formidable. Même si je n’ai pas le profil et la carrure d’un aventurier, j’en ai l’âme. Dans la mesure où je ne suis pas phobique et que je ne marche pas avec les appréhensions, et qu’on était bien préparé psychologiquement, à travers des photos ou des films qu’on a vu, et qu’Eric nous a dit : « attention, on peut rencontrer ça aussi », d’autant plus qu’il y avait des gens qui vivaient sur place dans la forêt, des guides, des indiens, qui connaissent bien… quand tu t’appuies sur l’expérience de ceux qui savent et que tu es capable de les écouter, de leur faire confiance, moi j’ai plus aucune crainte, plus aucune appréhension. Donc j’ai traversé ce film dans un bonheur, une sérénité totale. Même si j’étais vigilant, vis-à-vis de moi et des autres. Il y a une solidarité inhérente au tournage en général, là encore plus, il y avait une entraide … parce qu’on en a chié quand même ! On a morflé ! … Il fallait porter ! Quand on porte les radeaux ou les sacs, il n’y a pas rien dedans. On a véritablement joué de ces efforts pour servir encore plus nos personnages. Moi je m’étais un peu préparé physiquement, j’avais fait un peu d’endurance, un peu de sport même si je ne suis pas un énervé du sport en général, et je suis arrivé là-bas préparé. Je n’ai pas été malade, je n’ai pas été piqué. Je le dis d’ailleurs à tous les gens qui partiraient dans ces contrées : prenez de la vitamine B1 ! Cette vitamine sécrète une sorte de sudation qui repousse les moustiques, les partenaires aussi mais peu importe, ce qui importe surtout c’est que les moustiques ne vous piquent pas ! Parce qu’Eric Besnard et Audrey Dana ont été touchés par la dingue et ils ont eu des fièvres carabinées pendant 6 jours, au point que je me demande comment ils sont allés au bout de l’aventure parce qu’il était véritablement dans un état pitoyable. Ca a été une aventure humaine, exotique, cinématographique unique ! J’ai toujours envie de voir les films dans lesquels je joue, mais je n’ai jamais été excité à ce point à l’idée de voir un film dans lequel j’avais joué.

NOSTALGIE - Qu’est-ce qui finalement a été le plus compliqué à gérer pour vous, sur place ?

Bruno Solo - Très basiquement, c’était l’éloignement de ma famille. J’ai deux jeunes enfants, une épouse — jeune, enfin plus jeune que moi, ce qui n’est pas difficile ! Je commence à être vieux quand même, enfin un peu vieux pour ce genre d’aventure ! C’était ça ! Autrement non, il n’y avait rien qui était difficile. Peut-être le fait que des fois on tourné très loin, toutes proportions gardées c’est tellement immense, mais même pour faire 60km dans ces conditions là et dans la forêt, il faut se lever à 5h et quart et vous arrivez à 8h sur le plateau, après avoir fait 3h de piste, 40minutes de pirogue, 20minutes de marche à pieds. Il y a des matins quand le réveil sonne c’est difficile, une fois sur le plateau on a l’impression que la journée est déjà quasiment finie alors que là elle ne faisait que commencer. En sachant en plus qu’il fallait rentrer le soir, et recommencer le même parcours, parfois on a décidé de dormir dans la jungle et ça c’est des moments rares, fascinants ! Dormir dans le silence assourdissant de la jungle ! C’est-à-dire ce silence qui n’en ai pas un, avec des petits cris qui déchirent la nuit de temps en temps, la forêt qui s’arrête de gémir parce qu’il y a surement un danger et qui reprend son activité parce que le danger est passé. C’est des moments rares et essentiels je trouve dans une vie. J’ai retrouvé un peu de mon animalité, si tant est qu’on en ait tous, là-bas tous nos sens sont encore plus en éveil. Le regard, l’audition, le sens olfactif, mais le toucher aussi : quand vous touchez une plante, celleci est vénéneuse, celle-ci ne l’est pas, et avec notre oeil de citadin on ne sait pas faire la différence entre les 2. C’est pour ça qu’il y avait des gens qui savaient et il fallait s’appuyer sur eux. C’était très agréable, vraiment !

NOSTALGIE - Quand on vit comme ça, pendant 2 mois, avec les autres acteurs, j’imagine qu’on apprend à mieux les connaître ! Qu’est-ce que vous avez appris sur eux, par rapport à cette expérience, et surtout sur vous-même ?

Bruno Solo - Ce que j’ai surtout appris sur moi-même c’est ce que je vous disais, à refaire confiance à mes sens qu’on a tendance un peu à oublier, on se laisse porter, surtout quand on est comédien, on est beaucoup assisté. Là on était évidemment assisté, car s’il était arrivé un incident à n’importe lequel d’entre nous le film s’arrêtait, donc il y avait une vigilance de la part de l’équipe à notre égard, mais rien ne pouvait nous certifier qu’en mettant le pied dans une eau saumâtre il n’y avait pas en dessous — sans parler des bestioles qui s’enfuient en général, à part les guêpes et les moustiques — des racines ou autres qui pourraient vous faire tomber en allant trop vite. Ce que ça m’a appris sur les autres du film je ne vous le dirai pas ! Ca n’a fait que me confirmer en tout cas que Patrick Chesnais, mon ami depuis pas mal d’années, est décidément un mec immense et formidable ; que Clovis, si j’étais une femme, je serais amoureuse de lui ; que Claudio, j’ai beau être un mec, je suis amoureux de lui parce qu’il est beau comme un dieu ; et qu’Audrey Dana elle est mariée donc je la respecte mais que je trouve qu’elle a un courage absolument extraordinaire parce qu’elle a morflé elle. Elle a attrapé la dingue, elle y allait et ne se plaignait jamais ! Quand les scènes étaient terminées, parfois je l’entendais un peu hurler mais elle l’avait fait en amont et ça chapeau !

NOSTALGIE - Et vous vous ne vous êtes jamais plein, par rapport à la fatigue physique ?

Bruno Solo - Jamais ! Un militaire monsieur ! Et puis quand vous avez Eric Besnard comme Général des troupes, qui s’investit comme il s’investit, physiquement et tout, qui était avec nous mais pas sur son petit tabouret avec son porte-voix à nous dire fait-ci fait-ça, mais dans la boue, dans la chaleur, dans la moiteur, au milieu des bestioles avec nous, tu n’as envie que de donner le meilleur de toi-même à un type comme ça ! Non, moi je ne me suis pas plaint, déjà parce que ce n’est pas tellement dans ma nature, et j’ai traversé le film avec beaucoup de chance : ni malade, ni piqué. J’aurais pu passer à côté mais en l’occurrence pour moi ça a été le Club Med !

NOSTALGIE - Merci beaucoup Bruno !

Bruno Solo - De rien !

RETRANSCRIPTION ECRITE DE L’INTERVIEW DE BRUNO SOLO INTERVIEW REALISEE PAR FRANCK PELTIER




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